Juifs à Marseille, dans les Bouches du Rhône et en Provence

L'affaire Dreyfus à Marseille

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Alfred DREYFUS

 

Cet homme fut de tous les combats pour la justice...Profond républicain, il laissa à Marseille une empreinte mémorable qui demeure encore dans la mémoire de bien des marseillais.

 


Sébastien FAURE

 

Responsable de la section anarchiste à Marseille, il sera très vite à la pointe du combat en allant sur le terrain quitte à recevoir coups et injures. Il organisera de nombreux meetings en faveur de Dreyfus tout au long desannées 1898-1899 à Marseille.


Ludovic TRARIEUX

 

Premier président de la Ligue des Droits de l’Homme, il considéra Marseille comme une ville particulière dans le combat pour la défense de Dreyfus.




Coupure du Soleil du Midi

Journal le plus

antidreyfusard de Marseille.


Coupure du Petit Provençal

Marseille s’entre-déchire


Coupure Petit Marseillais

Atmosphère d’émeutes dans le centre ville


Télégramme au sujet

de la ligue antisémitique


Un rapport de police démontrant l’importance de la Ligue des Patriotes à Marseille.

>> ACCÉDEZ À L'EXPOSITION VIRTUELLE...

 

Vent de panique dans la communauté juive de Marseille. Durant l’année 1898, une forte poussée de fièvre agite Marseille. Les commerçants juifs sont particulièrement inquiets.

 

Anarchistes alliés aux républicains et antidreyfusards s’affrontent. L’affaire Dreyfus prend à Marseille plus qu’ailleurs sans doute une tournure idéologique.

 

Les anarchistes menés par Sébastien Faure mènent la vie dure aux ligueurs antisémites et notamment à Rochefort et Drumont lors de leurs très fréquents passages à Marseille.

Bernard Cadenat, député et antidreyfusard acharné harangue les foules sur le perron de l’Eglise Saint Cannat non loin de la rue de la République.

 

On l’insulte. On le traite de Juif…

Alors, avec ce tact si fin de siècle et belle époque, le parlementaire, sans se démonter, après avoir demandé aux dames de se retourner, montre ses attributs virils aux hommes.

 

Preuve est faite : Cadenat n’est pas juif !

 

 

Tracts et affiches en tout mauvais genre.

 

À Marseille, durant toute l’année 1898, les meetings se succèdent les uns derrière les autres. C’est à qui sera le plus prolixe contre Dreyfus… Des tracs diffusés dans toute la ville en sont la preuve.

 

 

Des tracts, mais aussi un nombre incalculable de lettres anonymes arrivent sur le bureau du commissaire principal à Marseille. La cité phocéenne est en proie à une poussée de racisme qui restera longtemps marquée dans la mémoire provençale.

 

 

Protestations xénophobes.

Marseille se déchaîne contre les Juifs. Comme dans toutes les villes de France, les caricatures antijuives inondent la presse. Marseille ne faillit pas à cette triste règle ! La presse marseillaise, est quasiment aux mains des antidreyfusards.

Le Soleil du Midi mais aussi la Gazette, le Petit Marseillais et le Petit Provençal ouvrent leurs colonnes aux pires articles et surtout aux dessinateurs qui s’en donnent à coeur joie contre les Juifs.

Et pour ne pas faire pâle figure, ils attaqueront dans la foulée les Francs Maçons dont beaucoup sont aussi des notables et des intellectuels juifs.

 

Curieusement, le Consistoire de Marseille, à l’exemple de Paris demeure en retrait face à ces exactions. Seul, le grand Rabbin Weil tentera vainement de calmer les esprits. Mais tout cela reste bien timide, car, à cette époque les délibérations consistoriales allaient à la Préfecture…

De ces dessins il restera la honte mais surtout, ils seront ressortis des cartons sous le régime de Vichy qui les utilisera dans sa politique de collaboration avec les nazis.

 

 

La presse marseillaise en 1898.

La presse marseillaise a relaté dans le détail des émeutes de janvier 1898.

 

Des émeutiers prendront même la grande synagogue de la rue Breteuil comme cible...

 

 

Les ligues sont chez elles à Marseille.

Voici venu le temps des Ligues antisémites. Elles ont pignon sur rue et se fondent sur un discours simpliste voire parfaitement démagogique.

L’essentiel des adhérents de ces ligues sont des petits commerçants qui voient dans les Juifs une concurrence insupportable.

 

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Les Portes de la Tolérance...

Le Centre FLEG a donc choisi de mettre en exergue le destin d’un officier juif en France, Alfred Dreyfus aujourd’hui encore personnage méconnu et mal compris, en organisant en collaboration avec les archives départementales, un ensemble de rencontres intellectuelles et artistiques permettant d’aborder les multiples facettes de cette Affaire.

Il y a 100 ans, la Cour de cassation, tranchait en dernier ressort, affirmait le droit et la vérité et décidait, comme la loi l’autorisait, de ne pas renvoyer l’affaire devant un troisième conseil de guerre. L’honneur était rendu au capitaine Dreyfus par l’affirmation d’une pleine justice. Cet acte de Justice marquait le terme officiel du très grand événement que fut l’affaire Dreyfus.

 

Cette Affaire, qui a pris des proportions considérables en France et dans le monde, et a déchiré le pays pendant une décennie sur fond d'antisémitisme et de conspiration politico-militaire jusqu'à sa réhabilitation en juillet 1906 ; elle est devenue emblématique de la lutte pour la justice et la vérité et a profondément marqué la conscience collective.

Elle «fut le creuset où finirent de s'élaborer les valeurs humanistes de respect et de tolérance, des valeurs qui aujourd'hui encore constituent notre ciment» ; «La tragédie du capitaine Dreyfus continue à résonner fortement dans nos cœurs. Après avoir divisé le pays, elle a contribué à fortifier la République» a déclaré Jacques Chirac lors des commémorations de Juillet 2006.

 

 

Le 14 décembre 2006 à 19 h : seconde table ronde autour de l’affaire Dreyfus dans l’amphithéatre des Archives départementales. A l’occasion du centenaire de la réhabilitation de Dreyfus

 

 

Dans le cadre de ses traditionnelles Portes de la Tolérance, manifestation phare du calendrier d’activités du Centre Culturel Juif Edmond Fleg, le Président Lucien Montel en partenariat avec le directeur des Archives Départementales, Francois Gasnault ont ouvert le second volet consacré à l’affaire Dreyfus et plus particulièrement à ses implications marseillaises.

 

Dans une table ronde animée avec maestria par Jean Contrucci, les professeurs Marie Aynié, Alain Pagès, Pierre Echinard, Gérard Gaudin ont tour à tour évoqué les différents aspects de l’affaire Dreyfus à Marseille, au sein d’une ville qui, en ces années 1890 était majoritairement antidreyfusarde, au point d’avoir connu de véritables émeutes antisémites en janvier 1898, qu’une poignée de dreyfusards, de culture anarchiste ou républicaine (socialiste) tentait non sans danger de contrecarrer. Et si la personnalité clé de Zola, aura été un déclencheur essentiel dans cette bataille pour la défense de Dreyfus notamment à la suite de son célèbre « J’accuse », les spécialistes présents ont insisté sur la difficulté dans une ville comme Marseille, passage obligé vers l’Algérie, alors terre d’élection des députés antisémites comme Drumont (qui a cultivé un conservatisme d’origine royaliste pour ensuite se conforter dans une attitude réactionnaire et militariste) de ne combattre les idées antisémites .

 

On l’aura compris, l’affaire Dreyfus n’est pas seulement un épisode de l’histoire de France soudainement exhumée pour les besoins d’une célébration, mais un dossier qui continue d’interpeller les défenseurs des valeurs républicaines. Preuve en est un tract intitulé « Dreyfus était coupable ». Le président Montel sans monter en épingle une littérature indigne, a jugé utile et avec raison, d’évoquer ce document et de prouver si besoin en était encore, de l’urgence pour chacun de nous de regarder l’histoire non comme une discipline poussiéreuse, mais comme un outil à l’usage des citoyens, quelles que soient leur origine ou leur philosophie confessionnelle pour défendre aujourd’hui comme hier les valeurs fondatrices de la démocratie républicaine. La tolérance c’est sans doute cela : un art du savoir-vivre ensemble.

Exposition réalisée par le Centre Fleg avec la complicité des archives départementales des Bouche du Rhône

La tolérance c’est sans doute cela : un art du savoir-vivre ensemble.

 

« L'affaire Dreyfus à travers la presse marseillaise »

Alfred Dreyfus. Au-delà d’un nom et d’un prénom, au-delà d’une affaire qui aura marqué la mémoire collective française, c’est le destin tragique d’un homme promu à une étonnante carrière, patriote exemplaire qui est montré à travers cette exposition.

 

L’affaire Dreyfus nationale mais surtout l’Affaire Dreyfus vécue ici, à Marseille, dans les jours de fièvre de janvier 1898, avec ses émeutes antijuives et ses diverses exactions à l’encontre des biens et des personnes de confession israélite, comme on disait alors. Comment Marseille a supporté cette crise ? Comment la communauté juive d’alors s’est comporté durant cette période douloureuse ?